Malfaçons, chiffres et illustrations

La vigilance s'impose

Hausse des non-conformités

Les Maîtres d’Ouvrage se trouvent aujourd’hui plus qu’hier exposés à de forts risques de malfaçons. Le rapport observatoire 2018 publié par l’Agence Qualité Construction met en exergue la progression des désordres dans le bâtiment sur la période 2008-2016 : pour un chiffre d’affaire stable dont le niveau moyen s’élève à 134 Milliards d’euros, le montant des indemnisations couvertes par l’assurance dommage-ouvrage est passé de 430 à 735 Millions d’euros.

Ces chiffres officiels traduisent une dégradation généralisée et bien réelle et de la qualité de conception ou de réalisation.

Cependant, les chiffres contenus dans le rapport observatoire 2018 publié par l’Agence Qualité Construction ne constituent que la partie visible des désordres ayant donnés lieu à indemnisation. En réalité, il existe un ensemble de malfaçons non comptabilisées dans ces chiffres officiels:

  • Les malfaçons qui ne rendent pas l’ouvrage impropre à destination et qui n’ouvrent donc pas droit à indemnisation (par exemple les fissures).
  • Les malfaçons qui engendrent des désordres se manifestant au-delà la période de garantie décennale.
  • Les malfaçons « invisibles » avant la survenance d’un événement d’ampleur (par exemple un séisme).
  • Les malfaçons entrainant des désordres intermittents et rarement corrigés (par exemple une prise de terre de mauvaise qualité).

A titre d’illustration, nous présentons ci-dessous quelques-unes de ces malfaçons invisibles au regard des chiffres officiels mais qui constituent néanmoins un grave manquement aux règles de l’art et mettent en péril la pérennité de l’ouvrage.

Illustration : non-conformité de la prise de terre

La prise de terre est un composant essentiel de l’installation électrique : elle fixe le potentiel de référence de l’installation.

Sa réalisation est définie dans la norme NFC 15-100, norme dont le respect a été rendu obligatoire par l’arrêté du 03/08/2016.

La « prise de terre » présentée sur cette photo est non-conforme et potentiellement dangereuse pour la sécurité des personnes.

Cette réalisation n’est malheureusement pas un cas isolé, notamment en construction de maisons individuelles.

Illustration : défaut d'implantation de l'ouvrage

L’implantation d’un ouvrage demande de la précision afin que la position des fondations correspondent à l’implantation des murs. Trivial penserez vous.

Sur la photo ci-contre, on constate :

  • Un défaut d’implantation entre le positionnement des amorces de chainage et les murs
  • Le pliage à coups de marteau des amorces de chainage pour rentrer dans les parpaings.

Les aciers étant trop près du bord, ils ne bénéficieront pas d’un enrobage correct de béton. Ils ne seront pas protégés de l’oxydation et se détérioreront rapidement.

L’excentration de la fondation entraine une contrainte au sol plus importante qu’il convient de vérifier au regard des caractéristiques du sol et du calcul de descente de charge.

Les aciers pliés ne travailleront pas correctement.

Illustration : défaut de positionnement des ferraillages

Le bon comportement du béton armé est garanti par :

  • Un béton correctement réalisé et correctement mis en œuvre.
  • Des ferraillages correctement dimensionnés et positionnés.

Sur la photo ci-contre, on constate un positionnement des équerres en dehors des cadres du chainage. Ceci n’est pas conforme aux règles de l’art et entraine une diminution de la résistance de la structure, notamment en cas de séisme.